Après dix ans de vie commune, la perte d’une lapine bouleverse toute une famille
Après dix ans aux côtés de Coquine, une lapine bélier, une famille a dû affronter un chagrin inattendu.

En bref
- La Voix du Nord décrit la perte d’un animal comme une épreuve à part entière pour toute la famille.
- Pour certains enfants, la mort d’un animal est la première rencontre avec la mort.
- Une phrase comme « Ce n’était qu’un chat » peut priver une personne de son droit au deuil.
- Parler, garder une trace et attendre avant une nouvelle adoption font partie des repères proposés.
La mort d’un chien, d’un chat ou d’un lapin bouleverse souvent toute la maison parce que l’animal y occupe une place de membre de la famille, et le chagrin qu’elle laisse mérite d’être reconnu comme un deuil, enfants compris. C’est le constat que dresse La Voix du Nord dans un article publié le 9 octobre 2026, en partant de l’histoire d’une lapine.
Coquine, dix ans de vie commune puis le silence
Coquine était une lapine bélier au pelage couleur chocolat. Pendant dix ans, elle a vécu au cœur du foyer. Son logement, une cage de taille queen size, trônait dans le salon, et ses sorties la menaient jusqu’au jardin, où elle filait par bonds.
Puis tout s’est arrêté, sans aucun signe avant-coureur. La disparition de l’animal a plongé ses cinq humains, deux adultes et trois adolescents, dans un chagrin profond. Un tableau familier pour beaucoup de propriétaires de lapins de compagnie : un petit animal discret dont on mesure la place seulement quand elle reste vide.
Pourquoi ce chagrin est un deuil véritable
Qu’il ait de longues oreilles, un poil ras ou une truffe qui frémit, l’animal de compagnie est décrit par le quotidien régional comme un membre de la famille à part entière. On partage avec lui bien plus qu’un espace : une intimité, des rituels, des habitudes. Il assiste aux bons comme aux mauvais jours sans jamais rien juger.
Lorsqu’il meurt, la secousse est brutale, quelle que soit la cause : un accident, le grand âge ou une maladie. Même une fin que l’on voyait venir ne protège pas du choc.
Une seconde difficulté vient souvent s’ajouter à la peine : celle de pouvoir la dire. Une fois mort, le compagnon risque d’être ramené par l’entourage à sa simple condition d’animal, comme si le lien n’avait pas compté.
« Ce n’était qu’un chat »
Exemple de phrase maladroite cité par La Voix du Nord
Prononcée sans mauvaise intention, ce genre de remarque retire à la personne endeuillée la légitimité de son chagrin. Or l’épreuve touche autant les adultes que les plus jeunes. Pour certains enfants, la disparition du chien, du chat ou du lapin de la maison constitue même leur tout premier contact avec la mort.
Quelques repères pour traverser cette période
Les pistes avancées par le journal relèvent du bon sens et de la sensibilité de chacun, pas d’une méthode à suivre à la lettre :
- Ne pas faire comme si rien ne s’était passé. S’autoriser la tristesse compte, d’autant que le manque est souvent proportionnel à l’attachement.
- En parler avec ceux qui l’ont connu. Échanger avec les proches qui ont côtoyé l’animal et savaient ce qu’il représentait permet de le faire exister autrement et de cultiver son souvenir.
- Lui garder une place. Selon les goûts de chacun, un coin de la maison peut accueillir sa photo, ou un petit espace du jardin recevoir l’urne contenant ses cendres.
- Laisser le temps faire son œuvre avant d’adopter. Une fois le deuil traversé, certaines familles accueillent un nouveau compagnon.
Ce dernier point demande une nuance que l’article souligne : il ne s’agit pas de remplacer l’animal disparu, puisque chacun a son caractère propre et reste unique. L’idée est plutôt de s’ouvrir à une autre relation, singulière elle aussi. Ces repères s’adressent aux familles en deuil d’un animal ; ils ne remplacent pas une aide extérieure si la peine devient trop lourde à porter seul.
Photo : Anastasia Shuraeva / Pexels
