Les yeux du chat brillent la nuit grâce à un miroir naturel
Derrière la rétine du chat, un miroir naturel renvoie la lumière reçue.

Quand les yeux d’un chat s’allument dans la pénombre, ils n’émettent rien. Le phénomène repose sur une structure précise de l’œil, le tapetum lucidum, qui agit comme un miroir naturel placé derrière la rétine. Il explique le reflet vert, jaune ou parfois bleuté que l’on voit sur une photo au flash ou dans les phares d’une voiture, et il éclaire aussi la façon dont l’animal se repère quand la lumière baisse.
En bref
- Le phénomène repose sur une structure précise de l’œil, le tapetum lucidum, qui agit comme un miroir naturel placé derrière la rétine.
- La rétine contient deux types de photorécepteurs, les cônes et les bâtonnets.
- La prochaine fois que deux petits points lumineux vous fixeront depuis un buisson ou sous une voiture, il s’agira donc simplement d’un chat dont l’œil renvoie la lumière de votre lampe ou de vos phares, rien de plus.
Un miroir au fond de l’œil
Selon Woopets, cette couche réfléchissante tapisse le fond de l’œil du chat et contient de minuscules cristaux de guanine. Elle joue le rôle d’un miroir : la lumière qui traverse la rétine sans avoir été captée par les photorécepteurs la rencontre, puis repart en sens inverse. Les cellules sensibles disposent ainsi d’une seconde chance de détecter ce signal faible.
Cette astuce de l’anatomie contribue aux excellentes performances du chat en vision scotopique, c’est-à-dire dans des conditions de très faible luminosité. Maxisciences, dans un article publié en 2017, rappelle que « tapetum lucidum » signifie littéralement « tapis de lumière » et décrit cette membrane comme composée de quinze couches de cellules.
Pourquoi l’œil semble briller
L’effet lumineux n’apparaît que si une source éclaire l’animal. Qu’il s’agisse d’une lampe, d’un flash ou de phares, une partie des rayons est renvoyée vers l’extérieur et devient visible pour l’observateur. Sans lumière à réfléchir, il n’y a donc aucun éclat : les yeux du chat ne fabriquent pas de lumière, ils nous renvoient celle qu’ils ont reçue.
La pupille participe au phénomène. D’après Maxisciences, lorsqu’on éclaire le chat dans la pénombre, sa pupille dilatée laisse les rayons atteindre le fond de la rétine, qui renvoie alors ceux qu’elle a captés. Cette pupille peut s’ouvrir bien plus largement que celle d’un humain, ce qui permet d’intercepter davantage de lumière ambiante.
Des bâtonnets plus nombreux que chez l’humain
Le miroir n’agit pas seul. La rétine contient deux types de photorécepteurs, les cônes et les bâtonnets. Ce sont les bâtonnets qui permettent de distinguer des formes dans la pénombre, et ils sont 25 à 100 fois plus sensibles à la lumière, précise Maxisciences. Or le chat en possède en bien plus grande quantité que nous. Il bénéficie ainsi d’une meilleure vision à faible intensité lumineuse, ce qui lui vaut le qualificatif de nyctalope.
Woopets relie le tapetum à une autre conséquence pratique : le chat perçoit les formes et les mouvements avec beaucoup moins de lumière que celle dont nous avons besoin. Cette adaptation est précieuse pour un animal surtout actif au crépuscule et la nuit, quand il chasse ou explore son environnement.
Une particularité partagée avec d’autres animaux
Le chat n’est pas le seul concerné. Le Dr Bill Miller, ophtalmologiste vétérinaire exerçant à Memphis, dans le Tennessee, au sein de la Clinique d’ophtalmologie animale, a expliqué à Vetstreet, cité par Maxisciences, que la structure existe chez les chiens, les bovins, les cerfs, les chevaux et les furets. Elle manque en revanche aux humains et aux primates, ainsi qu’aux écureuils. Selon lui, ces espèces sont plus actives le jour et leurs rétines sont conçues pour une vision en pleine lumière. Cette membrane réfléchissante serait particulièrement adaptée aux animaux enclins à la chasse.
Quant à l’origine de cette caractéristique chez le chat domestique, aux États-Unis, la Dr Cynthia Powell, vétérinaire spécialiste de la vision animale à l’université d’État du Colorado, estime qu’elle lui a été transmise par ses ancêtres au fil de l’évolution.
Les limites de la vision nocturne
Voir mieux dans la pénombre ne veut pas dire voir dans le noir complet. Woopets le souligne : comme nous, le chat a besoin d’un minimum de lumière pour former une image. Son atout tient à sa capacité d’exploiter la moindre source lumineuse disponible, et cet avantage se manifeste surtout au moment où l’œil humain commence à distinguer difficilement ce qui l’entoure.
La prochaine fois que deux petits points lumineux vous fixeront depuis un buisson ou sous une voiture, il s’agira donc simplement d’un chat dont l’œil renvoie la lumière de votre lampe ou de vos phares, rien de plus.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Juan Poblete. Licence Pexels.
